Calculatrice SF6 : masse, humidité, fuites, récupération et qualité du gaz

Masse de SF6, point de rosée ↔ ppmv, taux de fuite face à la CEI 62271-1, temps de récupération et critères d'acceptation du SF6 neuf (CEI 60376) et usagé (CEI 60480).

SF6 : masse, humidité, fuites, récupération et qualité du gaz

Calculez les kilos de SF6 d'un compartiment, convertissez l'humidité entre point de rosée et ppmv, obtenez le taux de fuite et son pourcentage annuel, estimez les temps de récupération et de vide, et vérifiez si un gaz neuf, usagé ou en service respecte les critères d'acceptation de la CEI 60376 et de la CEI 60480.

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Ce que fait cette calculatrice

Deux choses que l’on traite mal sur le terrain : combien de kilos de SF6 se trouvent réellement dans un compartiment, et ce que signifie le point de rosée que vient d’afficher l’analyseur.

Masse de gaz

Pour le registre des émissions, pour planifier une récupération et pour savoir si une fuite est significative, il faut la masse, pas la pression. Elle se calcule à partir du volume du compartiment, de la pression et de la température en résolvant l’équation de van der Waals pour le SF6 (a = 7,857 L²·bar/mol², b = 0,0879 L/mol, M = 146,06 g/mol).

Ce n’est pas un raffinement académique. Le SF6 s’écarte du gaz parfait bien plus tôt que l’air : à 6 bar absolus et 20 °C son facteur de compressibilité tourne autour de 0,94, si bien que la formule du gaz parfait laisse de côté environ 6 % de la masse. La calculatrice affiche cet écart pour que la taille de l’erreur soit visible.

La température compte autant que la pression : la même cellule à −10 °C et à 30 °C donne des pressions très différentes avec exactement la même quantité de gaz. C’est pour cela que les densimètres sont compensés en température, et qu’une « chute de pression » en hiver n’est pas toujours une fuite.

Humidité : point de rosée et ppmv

Après les produits de décomposition, l’eau est le problème du SF6 : elle réduit la tenue diélectrique superficielle et, en présence d’arc, forme des composés corrosifs.

La calculatrice convertit dans les deux sens avec les équations de Buck, sur glace en dessous de 0 °C, comme le rapportent les hygromètres à point de rosée :

  • du point de rosée mesuré vers les ppmv ;
  • des ppmv vers le point de rosée obtenu à une autre pression.

Cette seconde conversion évite l’erreur d’essai la plus fréquente. La teneur en eau en ppmv ne change pas avec la pression — les molécules d’eau sont ce qu’elles sont — mais le point de rosée, si : en comprimant le gaz la pression partielle de vapeur augmente et l’eau condense à plus haute température. Mesurer à la pression atmosphérique et comparer à une limite donnée à la pression de service, ou l’inverse, revient à valider un gaz humide.

Taux de fuite

Deux façons de le mesurer, toutes deux dans la calculatrice :

  • Cloche ou enveloppe (méthode par accumulation de la CEI 60068-2-17). On enferme l’appareil, on mesure la concentration de SF6 dans la cloche au début et à la fin, et on applique L = (C1 − C0)·10⁻⁶·(Vs − V0)·p / t. Le résultat sort en Pa·m³/s et en mbar·L/s ; avec la température réelle du gaz, en grammes par seconde et par an.
  • Deux relevés du compartiment. Pression et température à deux dates : la calculatrice résout van der Waals à chacune et soustrait les masses. C’est la seule façon honnête de lire une baisse de pression, car comparer des pressions sans corriger la température fait prendre le froid de l’hiver pour une fuite. Elle donne aussi la pression ramenée à 20 °C — celle que compare un densimètre compensé — et, avec la pression d’alarme, les années restantes avant son déclenchement.

Avec la masse de remplissage, les deux donnent le pourcentage annuel, comparé aux 0,5 % par an que la CEI 62271-1 fixe comme valeur normale pour les systèmes à pression fermés.

Temps de récupération et de vide

Pour planifier une consignation, il faut savoir combien de temps elle durera. La calculatrice estime trois choses :

  • le temps de récupération jusqu’au vide final, en deux phases : débit massique constant tant que la pression dépasse celle d’aspiration du compresseur, puis décroissance exponentielle avec le compresseur à vide ;
  • le gaz résiduel qui reste dans le compartiment à ce vide, et le pourcentage récupéré ;
  • le temps d’évacuation de l’air jusqu’au vide visé avec la pompe à vide, en tenant compte de sa pression limite.

Les débits des AGRU-4X, AGRU-7, AGRU-8, AGTU et ARFU-2 sont préremplis d’après leur catalogue, et « Autre unité » accepte ceux de n’importe quelle autre. Le modèle n’inclut ni les pertes dans les flexibles ni la baisse de rendement du compresseur à basse pression : les temps réels sont un peu plus longs.

Critères d’acceptation : SF6 neuf, usagé et en service

Le cinquième onglet compare les résultats de l’analyseur aux limites applicables à chaque cas :

ParamètreNeuf, SF6 pur (CEI 60376)Neuf, pour mélangesUsagé, pour réutilisation (CEI 60480:2019)
SF6> 98,5 %> 99,7 %> 97 %
Air< 1 %< 0,2 %air + CF4 < 3 %
CF4< 0,4 %< 0,08 %
Eau< 200 ppmv< 200 ppmv< 200 ppmv
Huile minérale< 10 mg/kg< 10 mg/kg< 10 mg/kg
Acidité / décompositionacidité totale < 7 ppmvacidité totale < 7 ppmv< 50 ppmv au total, < 12 ppmv SO2 + SOF2 ou < 25 ppmv HF

Pour le gaz dans l’appareil, on applique le critère d’humidité de la CEI 60694 repris par CIGRE 234 : point de rosée à la pression de remplissage de −5 °C ou moins. L’humidité peut être saisie en ppmv, en ppmw ou comme point de rosée à la pression de mesure, et la calculatrice fait la conversion.

Pour un gaz usagé non conforme, l’outil indique quoi faire dans l’ordre d’analyse de la CEI 60480 : produits de décomposition (régénérer sur filtres ou renvoyer), air et CF4 (pas de correction sur site : transférer la phase gazeuse), humidité (filtre sécheur) et huile (filtre à huile). L’édition 2004 de la CEI 60480 et le guide CIGRE 234 admettaient 750 ppmv d’eau dans les appareils de moins de 200 kPa absolus ; l’édition en vigueur n’a qu’une limite de 200 ppmv.

Exemple résolu

Compartiment de 1 m³ à 5 bar manométriques et 20 °C, avec un point de rosée mesuré de −40 °C à la pression atmosphérique.

  • Pression absolue : 6,01 bar → masse volumique 38,4 kg/m³ → 38,4 kg de SF6. En gaz parfait on aurait obtenu 36,1 kg : 2,3 kg de moins.
  • −40 °C à 1,013 bar équivalent à 127 ppmv.
  • Ce même gaz, à 6 bar absolus, a un point de rosée de −23 °C.
  • Taux de fuite à la cloche : de 0 à 10 ppmv en 24 h dans une cloche de 1 m³ autour de 0,2 m³ d’appareil, à 1,013 bar et 20 °C → 9,4·10⁻⁶ Pa·m³/s, environ 18 g de SF6 par an : 0,05 % des 38,4 kg, bien en dessous de 0,5 % par an.
  • Récupération avec un AGRU-8 jusqu’à 20 mbar : environ 1 h 36 min, avec 120 g de gaz résiduel (99,7 % récupéré). Évacuer ensuite l’air jusqu’à 1 mbar avec sa pompe de 25 m³/h : environ 17 min.

Ce que cette calculatrice ne fait pas

Elle ne mesure pas le gaz : la pureté, l’humidité et les produits de décomposition viennent de l’analyseur, et la calculatrice compare seulement ces résultats aux limites de la norme. Elle ne remplace ni le densimètre de la cellule ni la localisation de la fuite : le taux dit combien on perd, pas par où ; cela, c’est le détecteur ou la caméra qui le dit. Et elle ne couvre ni les mélanges SF6/N2 ni les gaz alternatifs, dont les constantes sont différentes.

Avec quoi on mesure

La pureté, l’humidité et les produits de décomposition se mesurent avec un analyseur de gaz SF6. La détection de fuites et les équipements de récupération, de stockage et de remplissage relèvent de la même gamme d’essai d’appareillage.

Questions fréquentes

Pourquoi ne peut-on pas traiter le SF6 comme un gaz parfait ?
Parce que c’est une molécule grande et lourde qui s’écarte sensiblement du comportement parfait dès les pressions de service. À 6 bar et 20 °C le facteur de compressibilité avoisine 0,94 : calculer la masse en gaz parfait la sous-estime d’environ 6 %. Sur un compartiment de 500 litres, cela fait près de deux kilos manquants dans le registre des émissions.
Pourquoi le même gaz donne-t-il des points de rosée différents ?
Parce que le point de rosée dépend de la pression partielle de la vapeur d’eau, et cette pression partielle augmente avec la pression totale. La même teneur en ppmv qui condense à −40 °C à la pression atmosphérique condense au-dessus de −25 °C à 6 bar absolus. Un point de rosée sans la pression de mesure ne veut donc rien dire.
L'humidité se mesure-t-elle à la pression de service ou à la pression atmosphérique ?
Cela dépend de l’appareil et de la limite appliquée. Beaucoup d’analyseurs mesurent à pression réduite puis calculent ; les guides et les limites sont en général donnés à une pression précise. L’essentiel est de ne pas comparer une mesure faite à une pression avec une limite donnée à une autre : c’est exactement la conversion que fait cette calculatrice.
Comment calcule-t-on le taux de fuite de SF6 avec une cloche ?
On enferme l’appareil dans une cloche ou une enveloppe, on mesure la concentration de SF6 à l’intérieur au début et à la fin d’une durée connue et on applique L = (C1 − C0)·10⁻⁶·(Vs − V0)·p / t, où Vs − V0 est le volume libre de la cloche. Avec la température on passe aux grammes par seconde et par an, et avec la masse de remplissage au pourcentage annuel, que l’on compare aux 0,5 % par an de la CEI 62271-1.
Combien de temps faut-il pour récupérer le SF6 d'un compartiment ?
Cela dépend surtout du débit du compresseur et du vide final. Un compartiment de 1 m³ à 5 bar relatifs (environ 38 kg) avec un AGRU-8 descend à 20 mbar en un peu plus d’une heure et demie selon le modèle de la calculatrice, et laisse environ 120 g dans le compartiment. Descendre à 1 mbar n’en laisse que 6 g, mais allonge la phase de vide et exige une unité qui atteigne ce vide.
Quelle pureté doivent avoir le SF6 neuf et le SF6 réutilisé ?
Le SF6 neuf, selon la CEI 60376:2018, doit contenir plus de 98,5 % de SF6, moins de 1 % d’air, moins de 0,4 % de CF4 et moins de 200 ppmv d’eau ; pour les mélanges, plus de 99,7 %. Le SF6 usagé peut retourner dans un appareil, selon la CEI 60480:2019, avec plus de 97 % de SF6, moins de 3 % d’air et de CF4 ensemble, moins de 200 ppmv d’eau et des produits de décomposition sous 50 ppmv au total (12 ppmv de SO2 + SOF2 ou 25 ppmv de HF).
Quelle humidité admet-on dans le SF6 d'un appareil en service ?
Le critère classique, de la CEI 60694 et repris par le guide CIGRE 234, est un point de rosée de −5 °C ou moins à la pression de remplissage, soit une pression partielle de vapeur de 400 Pa. Il laisse une marge face à la condensation, qui commence à 0 °C (611 Pa). Comme il dépend de la pression, un gaz conforme à 2 bar peut ne pas l’être à 7 bar.

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